Réponse 1 : L’approche dominante en économie à la fin du XIXe est l’approche libérale fondée sur l’approche classique puis néo-classique. La loi de Say signifie que l’économie s’auto-régule grâce au libre fonctionnement des marchés. Les crises si elles existent ne peuvent durée. Il s’agit juste de crises sectorielles, liés à des chocs, mauvaises récoltes ou autres qui vont vite être amortis par les mécanismes de marché : recherche du profit, circulation des facteurs de production et ajustement  par les prix.

La crise de 1929, en raison de sa profondeur ne semble pas correspond pas au type crise prévue par l’approche libérale. Pire, la crise semble s’approfondir avec le temps alors qu’en principe, la sélection naturelle (disparition des canards boiteux) devrait permettre un relèvement progressif de l’économie. Mais l’économie a changé de nature. On passe à partir du milieu du XIX dans une économie industrielle qui va faire sortir l’économie des crises frumentaires. De plus en plus les crises vont avoir une composante liée à la faiblesse de la demande. On entre en 1929 dans l’archétype d’une crise de surproduction avec des conséquences cumulatives. La crise loin de se résorber toute seule, tend à s’approfondir. L’approche keynésienne qui donne une grande place à la demande aux phénomènes d’agrégations permet de comprendre les ressorts de la crise. Avec le New Deal et surtout après la Seconde Guerre Mondiale se mettent en place des politiques conjoncturelles de gestions de la demande globale.

Ces politiques sont en partie responsables de la période de croissance rapide des années 60. Mais à la fin des années 1970 la stagflation va perturber le paradigme keynésien de la synthèse. La montée des échanges internationaux va déstabiliser les politiques d’inspiration keynésienne. Ce phénomène est illustré par l’échec de la relance de 1981 en France. Chaque pays pris dans l’économie mondial peut être considéré comme un acteur parmi d’autres (toutes choses égales par ailleurs). Les mécanismes microéconomiques liés à la problématique de la compétitive redonnent du crédit à l’approche libérale.

La crise de 2008 a un temps redonné du souffle à l’approche keynésienne. Mais rapidement, la crainte des dettes excessives (Reinhart et Roggoff 2010)  ont conduit les États à freiner simultanément leurs dépenses publiques et/ou à augmenter leurs prélèvements obligatoires. Ce qui a paradoxalement conduit à un effet agrégé keynésien… en faisant remonter la valeur des multiplicateurs budgétaires, conduisant à prolonger la crise et à augmenter le dette de nombreux États(illustration du paradoxe de l’épargne keynésien).  Malgré l’échec des préconisations libérales de réduction de déficit, l’incapacité des États à établir un diagnostic commun, ainsi qu’une politique économique concertée a conduit à une lente sortie de crise. L’économie mondiale est une économie fermée au niveau de l’ensemble des pays. Mais le cadre du G20 n’aura pas permis de mettre en œuvre une politique économique coopérative à ce niveau. Cette politique devrait idéalement permettre une gestion internationale de l’évolution de la demande globale. Mais les intérêts des pays peuvent être contradictoires, interdisant ainsi la mise en œuvre d’une politique keynésienne au niveau pertinent, le niveau mondial.

 

Pour 2,5 points, j’attendais en plus court la description du passage de l’économie classique à l’économie keynésienne puis le retour à l’économie classique libérale en raison des contraintes liées à la mondialisation.

Economie classique, crise liée à l’insuffisance d’offre

Economie keynésienne crise liée à l’insuffisance de la demande.

Crise du paradigme keynésienne liée à la mondialisation qui nécessite la construction d’une gouvernance mondiale. A défaut, les solutions classiques libérales apparaissent les plus efficaces, jusqu’à la crise de 2008 et la tendance déflationnistes qui caractérise nos économies.

 

Cette question correspond à la question 18 qui devait être préparée .

 

Réponse 2 : Le dogme libéral signifie qu’on ne peut discuter des hypothèses de base qui fondent l’approche libérale. Celles-ci concernent l’efficacité du fonctionnement des marchés, la loi de Say et la neutralité de la monnaie. En principe, les marchés dans l’hypothèse de concurrence parfaite permettent une allocation efficace des ressources rares. L’offre est croissante des prix. La demande est décroissante des prix. Un équilibre unique peut s’établir. Si les conditions de l’offre ou de la demande évolue, les ajustements de marché s’effectuent rapidement et permettent d’établir un nouvel équilibre. Le prix et ses variations donnent une information sur la rareté relative des différents biens.  L’intervention de l’État, n’est tolérée que dans les fonctions régaliennes (impôts, sécurité intérieur et extérieur). On peut également accepter les activités à fortes externalités comme l’éducation, la santé et les infrastructures.  En dehors de ces secteurs, l’activité de l’État est jugée inefficace voire déstabilisatrice (salaire minimum à l’origine du chômage, rigidité des prix). En matière budgétaire, l’équivalence ricardienne enseigne que les ménages rationnels anticipent une hausse d’impôts dès lors que l’État décide d’accroitre ses dépenses. Les ménages qui soulaient maximiser leur utilité vont lisser leur consommation. Le montant des dépenses publiques supplémentaires sera juste égale au montant d’épargne supplémentaire former par les ménages et les entreprises afin de faire face à de futures prélèvements. Au final, la relance budgétaire n’aurait eu aucun effet.  Mais elle pourrait de surcroit produire un effet d’éviction en empêchant des investissements privés de se réaliser. Mais en réalité ces principes ont du mal a être vérifiés empiriquement.

La dimension dogmatique apparaît lorsqu’il semble impossible de pouvoir discuter des hypothèses du base du cadre libéral qui ne sont pourtant pas toujours respectées. Les marchés financiers à travers la crise des Subprimes en donnent une bonne illustration. L’information nécessaire au bon fonctionnement des marchés n’est pas toujours libre et gratuite. Dès lors des phénomènes de mimétisme peuvent apparaitre générant des bulles financières. Cette dynamique instable est renforcée lorsque la spéculation apparaît. La spéculation consiste à acheter un titre dans un seul objectif le revendre plus tard en espérant qu’il ait pris de la valeur.  Dans ce cas, la courbe de demande à la place d’être décroissante des prix peut devenir croissante. Il n’y a plus d’équilibre possible. Le marché s’emballe. Trop d’argent est investi sur certains secteurs comme l’immobilier. Ceci entraîne des phénomènes de surproduction, de malformation du capital. Dans ce cas, l’État doit intervenir pour éviter le développement de ces pathologies de l’économie.

Pour avoir 2,5 points ici, une description des marchés avec un graphique une variation de l’offre ou de la demande, plus une explication de la loi de Say ou de la spéculation sur les marchés financiers aurait suffit. Je ne suis pas revenu sur la loi de Say. Cette question faisait référence aux questions 10 et 13.

 

Réponse 3 :  La libéralisation des marchés financiers doit permettre une allocation optimale des sources de financement. En fonction des taux de rentabilité observés dans les différents secteurs, les investisseurs placent leur épargne là où cela rapporte le plus. En cherchant à maximiser le rendement de leur épargne, ils participent à l’amélioration du bien être collectif puisque la sur-rentabilité décrit un sous-investissement, au contraire, une faiblesse de la rentabilité doit décrire un sur-investissement.

La libre mobilité des capitaux doit pemettre de corriger rapidement ces écarts. Ainsi, le bon fonctionnement devrait permettre d’accroître le PIB potentiel. La rentabilité des différents investissements doit permettre d’orienter au mieux l’épargne. Cette situation est possible en théorie, si les marchés fonctionnent correctement. Mais les asymétries d’informations, les comportements mimétiques, la spéculation peuvent déformer la rentabilité des différents investissements conduisant à la formation d’investissement inutiles et réduisant d’autre part des investissements qui auraient pu être utiles (malformation du capital). Référence à la question 13

Réponse 4 : La consolidation budgétaire consiste à réduire les dépenses publiques et/ou à augmenter les impôts de façon à réduire le niveau de dette sur PIB des États. Dans certains cas, la volonté de réduire le déficit public peut se heurter à la défiance des agents privés. Si ceux-ci sont dans une forte inquiétude, la baisse du soutien de l’État va conduire à une diminution importante de la consommation et de l’investissement privé. Dans ce cas, la réduction des dépenses publiques pourraient être contre-balancée par une diminution des recettes de l’État.  Dans certaines configurations particulières, les économies réalisées par l’État pourraient conduire à une augmentation du ratio dette sur PIB, si le multiplicateur budgétaire se trouve être nettement supérieur à 1.

Cette situation peut se produire lorsque plusieurs économies cherchent en même temps à se désendetter. Les multiplicateurs budgétaires sont habituellement calculés en supposant l’environnement économique global inchangé avec une valeur consensuelle de 0,5. Mais si une majorité de pays opèrent le même type de politique, on ne peut plus raisonner toutes choses égales par ailleurs. Le multiplicateur apparent peut devenir très élevé. Dans ce cas, une réduction de 1 des dépenses publiques peut réduire le PIB de 4. Si l’État prélève/reçoit la moitié de la variation du PIB. Il perdra 2 alors qu’il aura économisé 1.  Le ratio dette sur PIB s’élève en raison de l’accroissement du déficit public mais également en raison de la réduction du PIB.

 

Réponse 5 :

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A l’équilibre, plus rien ne bouge :

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On peut donc remplacer dans la fonction de consommation le PIB antérieur par le PIB actuel, de cette manière on va pouvoir le factoriser.

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d’où :

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On dérive :

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Réponse 6 : On reprend le résultat de la question précédente et on remplace par les valeurs données.

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Une propension marginale à consommer de 0,9 donne un effet multiplicateur de 10. Comme l’impulsion budgétaire est de 10 : 10 *10 =100.

Réponse 7 : Il manque 200 de PIB pour pouvoir obtenir un revenu d’équilibre compatible avec le plein emploi. Comme le multiplicateur vaut 10. On divise 200 par 10 et on trouve qu’une impulsion budgétaire de 20 devrait permettre de résoudre le chômage. Le graphique avec l’offre globale et la demande globale anticipée était attendu. Ces courbes se coupent au niveau de la demande effective qui détermine un niveau de PIB d’équilibre à 800. On trace ensuite la variation de la politique budgétaire de manière à ce que le revenu d’équilibre parvienne à 1000 niveau d’équilibre de plein emploi.

Réponse 8 : Cette question fait référence au théorème d’Haavelmo. Pour pouvoir y répondre il faut introduire les prélèvements obligatoires dans l’équation du revenu globale.

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A l’équilibre PIB = PIB(t+1)=…=PIB(t+n)

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On retrouve le multiplicateur budgétaire :

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Le multiplicateur fiscal vaut :

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Si on réalise à la fois un choc budgétaire et un choc fiscal, on obtient ceci :

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On remplace par la valeur des multiplicateurs obtenus précédemment.

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Comme on sait que la variation du montant des dépenses publiques est juste équivalente à la montée des impôts(Latex formula), on peut remplacer ainsi:
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Finalement:
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Ainsi le multiplicateur global vaudra 1.

Ce résultat tient à plusieurs hypothèses qui sont réalisées dans le cadre du modèle keynésien en économie fermée. On raison à court terme, sans effet sur l’offre, sans effets sur les prix, sans fuites externes et sans retours financiers. La prise en compte de l’ensemble des éléments doit conduire à réduire la valeur du multiplicateur global. Ce résultat théorique qui implique une grande efficacité de la politique économique doit donc être relativisé.

Réponse 9 : Le résultat d’une réduction des dépenses publiques dépend à la fois du niveau des multiplicateurs budgétaires et du niveau des élasticités fiscales et sociales. L’élasticité fiscale correspond à la valeur de l’augmentation des impôts reçus par l’État face à une augmentation du PIB. L’élasticité sociale correspond à la réduction des dépenses sociales induites par une augmentation du PIB. Si le multiplicateur budgétaire vaut 0,5 ; valeur qui correspondait au consensus d’avant la crise européenne, une réduction des dépenses publiques de 1 conduira à une baisse du PIB de 0,5. Si la somme des élasticités fiscales et sociales conduisent à une perte de la moitié de la réduction du PIB, l’État aura économisé 1, mais aura perdu 1/2 de 1/2 soit un 1/4 de PIB. Au total, l’État réduit son déficit de 3/4 de point.

Si on conserve le même niveau pour ces élasticités mais que le multiplicateur dépasse 4, la réduction de dépenses publiques n’entraîne pas nécessaire une réduction de la dette. Si l’État baisse de 1 se dépenses que cela induise une baisse de 4 du PIB. Si 1/4 de cette baisse 4 conduit à autant de manque à gagner par l’État (-1) alors du point vue du déficit public l’opération peut être neutre (1-1=0), mais la croissance aura été réduite et la chômage aura progressé. D’autre part, le ratio qui importe est le niveau de dette sur le PIB. Dans ce cas, la stabilisation du niveau de la dette en raison de l’équilibre budgétaire va néanmoins conduire à une augmentation du ratio de dette sur PIB. La dette n’augmente pas, mais comme le PIB a diminué, le ratio d’endettement augmente.

Pour la Grèce, au pire du pire, le multiplicateur apparent a pu monter jusqu’à 4,5. Dans ce cas, la réduction des dépenses publiques implique une hausse du déficit et évidement du ratio dette sur PIB.

Ces réflexions ont été présentées en début de cours et reprise avec plus d’éléments formalisés à la fin du cours. Elles correspond à la notion du paradoxe de l’épargne keynésien.