Le cours est introduit par un panorama d’histoire longue sur les grandes étapes du développement économique de l’humanité pour atteindre le bas Moyen-Age. A cette époque se forme les institutions, les représentations et les nouveaux rapports sociaux qui vont participer à l’émergence de l’économie occidentale. La peste durant le XIV et le XV siècle va précipiter le fin du système féodale. Le choc démographique va venir perturber l’équilibre malthusien et entraîner des réactions en chaîne. La plus importante concerne le schisme au sein du catholicisme avec l’affirmation de la religion protestante. La renaissance modifie également le rapport au monde avec une aspiration épicurienne nouvelle : les arts et les techniques outils d’une vie meilleure sont plébiscités par les cours européennes et la bourgeoisie marchande. La découverte des Amériques, l” ‘invention” de l’imprimerie, le commerce triangulaire, le pillage de l’or et de l’argent du nouveau monde vont permettre de sortir du piège smithien. A partir du XVIIIè, on assiste à une affirmation économique, politique et militaire de l’occident qui va se matérialiser à travers les révolutions industrielles.

Mais le passage d’une société d’ancien régime à une société capitaliste ne va pas sans poser d’important problème sociaux. La question sociale hantera tout le XIXè sans trouver de solution pérenne avant le milieu du XXeme et la création de l’État social symbolisé par la mise en œuvre des protections sociales.  Ces tensions vont donner lieu à des révoltes jusqu’à son paroxysme avec la révolution russe de 1917 et la prise du pouvoir par Hitler en 1933. Certains autres pays sombrent dans des dictatures (Italie, Portugal, Brésil, Espagne, Grèce, etc.) les pays d’Europe de l'”ouest ” France, Royaume-Uni et États-Unis pour les principaux vont établir un système d’économie mixte qui va permettre de restaurer un équilibre entre le politique et l’économique (K. Polanyi). Le fordisme dans ces différentes déclinaisons nationales s’affirme durant les années 1940 et surtout 50 aux États-Unis, les pays européens vont suivre dans les années 1960 et 1970.  Au début des années 1970, le régime fordien entre en crise. C’est la période de contre-révolution keynésienne qui se met en place avec l’arrivée au pouvoir de gouvernement “libéraux” en Angleterre et aux États-Unis. La libéralisation globale des économies qui va s’en suivre va donner lieu à ce que l’on va appeler le mondialisation et la financiarisation, résumé sous le vocable de globalisation.

Les faits saillants de cette période sont la chute de l’Union soviétique qui va permettre aux économies qui lui étaient proches de pleinement intégrer l’économie mondiale, PECO, pays asiatique en particulier la Chine. Certains de ces pays vont connaitre une croissance accélérée grâce à l’ouverture de leur économique. On parle alors de pays émergents. Parallèlement, les pays d’ancienne industrialisation sont fortement concurrencés et tendent à se désindustrialisé. Ce processus fait craindre à nouveau la survenue d’un état stationnaire pour les économies occidentales. Ainsi, le cours se referme sur cette interrogation. Les économies occidentales ne sont-elles pas en train de voir se refermer la vague de croissance qui s’était ouverte à la fin du XVIII ?

Ces épisodes à partir du milieu du XIXè vont être représentés à travers des modèles de croissance. Le premier est le modèle de reproduction élargie à 2 secteur de Marx. Celui-ci permet de tenir compte de la montée du secteur industriel et de souligner les difficultés pour parvenir à une croissance équilibrée. Le premier modèle représenté par la reproduction simple du capital, permet quant à lui de décrire l’état stationnaire dans lequel se trouve les économies occidentales avant le XVIII.

En TD, on reprend le modèle de reproduction élargie afin d’en souligner la proximité avec le modèle Harrod-Domar. Ce modèle décrit un équilibre sur le fil du rasoir. La tendance est plutôt le déséquilibre ce qui permet de représenter la situation de la fin du XIX jusqu’à la crise de 1929. Par la suite alors que de nombreux économistes pensaient qu’on allait vers la crise finale du capitalisme, les économies occidentales vont entrer dans une ère de prospérité inégalée, caractérisée par une croissance rapide du revenu par tête et relativement stable. Le  modèle de Solow permettra de représenter partiellement cette situation. Une autre manière d’expliquer le contexte d’après guerre sera réalisée par l’Ecole de la régulation qui permet de décrire les mécanismes économiques et institutionnels qui ont fondé l’émergence des “30 glorieuses” et de leur fin. La crise des années 1970 va laisser place à une économie financiarisée et mondialisée qui pourra être illustrée par le modèle de Pasinetti (financiarisation) le modèle de Kalecki reprit par O. Allain et enfin le Kaldor_ouvert qui permet de bien se représenter la contrainte extérieure imposée par la concurrence internationale. Si on avance suffisamment vite, des modèles de croissance tenant compte des conséquences écologiques de la production seront présentés.

Les TD serviront à approfondir la description de ces modèles. Une question irriguera tout le cours. Va -t-on vers une stagnation ou une résurgence de la croissance portée par la digitalisation de l’économie, uberisation, le Deuxième de la machine comme nouvelle révolution industrielle ? Va-t-on au contraire, vers une fermeture de la fenêtre de croissance du revenu par tête initiée depuis le fin du XVIIIème pour les économies occidentales ? La problématique écologique plafond de croissance ou nouveau régime de croissance ?

TD 1 et 2 2018  Émergence de l’économie occidentale et Marx et Harrod-Domar entre crises, instabilité et stagnation.